Je suis venue vous dire que je m’en vais. Je ne serai pas candidate aux élections de 2019.

Je suis venue vous dire que je m’en vais. Je ne serai pas candidate aux élections de 2019. Je quitterai l’arène politique au soir du 26 mai. C’est un choix qui a pris du temps, qui a muri. Il ne s’agit pas d’un choix contre. Je ne suis en guerre contre personne. C’est un choix pour être au plus proche de ce que « je suis », de ce que « je veux », de ce que « je vaux ». Il faut autant de courage pour entrer en politique que pour en sortir. Je voudrais exprimer ma reconnaissance à toutes celles et ceux qui m’ont permis d’exercer 10 ans de mandat parlementaire. Ma gratitude à toutes celles et ceux qui m'ont soutenue et cru en moi. C’est une page que j’ai bien écrite. Je ne me suis pas couchée sur mes convictions. Je suis une femme de combat et d’engagement, et cette parole ne sera jamais tue car elle n’est pas politique. Elle est authentique. Aujourd’hui, il faut que je parte. Partir avec panache, comme aurait dit mon père, la tête haute, avec honneur et dignité, avec respect de moi et des autres.Je voudrais vous remercier. Il parait qu’il faut mettre autant d’énergie pour ouvrir un dossier que pour le clôturer. Je veux le clôturer avec authenticité et sincérité. Je pars parce que je veux rester debout.

Fatoumata Sidibé quitte Défi: «La politique a bridé ma créativité»



Durant les prochains mois, Fatoumata Sidibié souhaite «<br />
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Durant les prochains mois, Fatoumata Sidibié souhaite « se désintoxiquer » du monde politique. - D.R.

Elle n’a prévenu personne à part ses proches mais sa décision est définitive : Fatoumata Sidibé quitte Défi et la politique par la même occasion. «  C’est un cheminement qui s’est imposé à moi, explique-t-elle. Je me suis rendu compte que je ne voulais plus continuer. J’ai l’impression que si je ne pars pas maintenant, je serai étiquetée et bloquée dans une logique de confort qui m’empêchera d’aller vers ce qui est essentiel pour moi.  »

« Un système qui mate les gens »

Tout en se disant « reconnaissante » envers le parti d’Olivier Maingain, elle tient à dénoncer le fonctionnement d’un système «  qui formate et mate les gens  ». «  La politique, c’est quand même un univers où on aime les gens dociles. Cela ne me correspond pas. Je me sens à l’étroit. La politique a bridé ma créativité. Je me demande même si je n’ai pas désappris  », explique celle qui a été journaliste, auteure et peintre.

Il y a quelques semaines, quand le parti lui annonce qu’elle sera 71e sur la liste bruxelloise (sur 72), elle se décide  : la politique, c’est fini. «  J’ignore pourquoi on m’a mis là. C’est vrai que j’aurais eu du mal à partir si cela avait été une place éligible car je suis loyale, j’aurais été au combat.  » Elle décide finalement de prendre la nouvelle « comme un cadeau ». «  Je me suis rendu compte qu’à cette place-là, je n’avais pas envie de me battre alors que mon esprit est déjà ailleurs . »

Pas soutenue sur la laïcité

Fatoumata Sidibié avait rejoint Défi, encore en cartel avec le MR, en 2009. Fondatrice de la version belge de l’association « Ni putes, ni soumises » en 2006, elle avait longuement réfléchi avec d’accepter de rejoindre ceux qui s’appelaient encore FDF. Députée, elle se profile sur les thématiques de la défense des droits des femmes et de la laïcité. Elle n’y arrivera jamais. «  Je n’ai pas senti que j’étais soutenue par rapport à ce combat-là. Défi est un parti franchement laïque mais n’a pas mené ce combat sur le terrain . »

Durant les prochains mois, Fatoumata Sidibé souhaite « se désintoxiquer » du monde politique. Et après ? «  J’ai des projets d’écriture et dans le monde entrepreneurial . » Mais là tout de suite, elle se sent « soulagée » : «  c’est comme être libérée d’un poids  ».

La politique, un monde violent

Un message aux nouveaux candidats de la société civile recrutés tous azimuts ? «  Attendez-vous à un monde de violence, pas de Bisounours. Si vous voulez être aimé, ne faites pas de la politique. Personne ne vous prendra par la main. C’est chacun pour soi en politique.  »