Proposition de résolution relative au Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières.

Intervention de Fatoumata Sidibé (DéFI)  dans le debat sur la Proposition de résolution relative au Pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières - 7 décembre 2018.
Le 18 décembre, Journée internationale des migrants, est l'occasion de rappeler que les migrants ont des droits et des devoirs, et que les États ont des obligations internationales.

Le pacte migratoire est un outil important, qui met en place de bonnes pratiques pour gérer le phénomène migratoire. Il dispose que les migrants sont des êtres humains. Il s'agit d'un texte non contraignant, qui fait confiance à l'État souverain et donne des garanties pour décider comment celui-ci peut organiser et ordonner la migration.

Il s'agit d'un pacte mondial, dont l'effet sera plus important dans les pays où les migrants n'ont pas de droits, c'est-à-dire majoritairement en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient.

Ce pacte est intransigeant sur un point essentiel qui n'a pas été soulevé, c'est-à-dire la lutte contre le racisme, la xénophobie et l'intolérance envers les migrants. Nous savons combien nos sociétés sont gangrenées par ce fléau. Le texte préconise d'éliminer toutes les formes de discrimination et d'encourager un débat public, fondé sur l'analyse des faits, afin de faire évoluer la manière dont les migrants sont perçus.

Nous avons vu, ces derniers temps, combien les passions se sont déchaînées autour de ce pacte. Il importe de rassurer les citoyens sur le fait qu'il n'y aura pas d'invasion de migrants, que les portes ne seront pas ouvertes de manière illimitée. Il s'agit d'organiser une concertation entre les États et de mener une action collective entre les pays et les Régions au niveau international.

Nous ne pouvons pas suivre la logique des gouvernements européens qui refusent de signer ce pacte, qui veulent le détricoter au point qu'il ne sera plus possible de collaborer entre États pour mettre en place une politique humaine et respectueuse des droits humains. 

Il est important aujourd'hui de se dire qu'aucun pays ne pourra gérer la migration tout seul. Le groupe DéFI insiste sur le caractère fondamental du soutien de la Belgique à ce pacte et demande au gouvernement fédéral de veiller à sa crédibilité.

Il est impératif de résister. Pourquoi, me direz-vous ? Alors que la N-VA avait suivi ce texte et l'avait validé, elle a fait volte-face avec une campagne nauséabonde contre ce pacte. On l'a vu au travers de la campagne publicitaire, de la propagation de "fake news", des mensonges, des contre-vérités qui attisent les peurs, les rejets, la haine et la xénophobie.

Oui, une fois de plus, la N-VA avance sans masque. Elle n'a jamais porté de masque. Ce sont certains, qui, à force d'abandon, de reculades, de sacrifices, d'échines courbées, finissent par incarner les trois singes : je ne dis rien, je ne vois rien, je n'entends rien. Ils se sont accommodés des écarts de langages, de comportement et autres.

Aujourd'hui, la coupe est pleine ! Il faut résister ! M. le Premier ministre, vous avez obtenu la confiance du parlement. Soyez-en digne ! 

Vous ne pourrez pas aller à Marrakech seulement pour répondre à tous les parlements ou en votre nom personnel. Vous devez, dans deux jours, avoir une position claire et tirer des leçons de cette crise.

Nous vous demandons d'approuver ce pacte que ce soit à New York, à Marrakech ou à Tombouctou, mais il faut arrêter de prononcer un double discours ! Ce n'est pas digne d'un pays démocratique qui va prochainement siéger comme membre non permanent au Conseil de sécurité des Nations unies en 2019-2020. Ayez donc un discours clair digne de notre pays !