« Je déclare que le voile est le symbole d’un projet politique totalitaire »

CARTE BLANCHE
LE SOIR  mardi 23 mars 2010
lesoir.be

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« Je déclare que le voile est le symbole d’un projet politique totalitaire »

Moi, citoyenne belge de culture musulmane, originaire du Mali, un pays musulman à 90 % où la religion influence fortement les lois, règlements et différents aspects de la vie quotidienne, où certaines coutumes et traditions rétrogrades perpétuent les discriminations à l’égard des femmes, où plus de 80 % des filles sont victimes des mutilations génitales, où la polygamie est légale, où les mariages forcés sont imposés aux jeunes filles, où en matière d’héritage, les femmes sont frappées du sceau de l’inégalité, où, dès le plus jeune âge, on apprend aux petites filles que leur destin est de souffrir, de se résigner, de se soumettre, de se marier, de faire des enfants et de faire honneur à la famille,

Moi, qui suis issue d’un pays où l’intégrisme islamique gagne du terrain avec comme corollaire la prolifération du port du voile, où les avancées législatives en matière de droits des femmes se heurtent aux pressions des autorités musulmanes, au nom de la paix sociale, de l’unité nationale, de la préservation des valeurs sociales et religieuses maliennes qui confinent les femmes dans des statuts de citoyennes de seconde zone,

Moi qui, comme tant de consœurs, ai eu la chance de m’épanouir et me réaliser en Belgique dans un espace de liberté que les femmes ont conquis par de longues et âpres luttes,

« Je déclare que le voile est le symbole d’un projet politique totalitaire »

CARTE BLANCHE
LE SOIR  mardi 23 mars 2010
lesoir.be

« Je déclare que le voile est le symbole d’un projet politique totalitaire »

Moi, citoyenne belge de culture musulmane, originaire du Mali, un pays musulman à 90 % où la religion influence fortement les lois, règlements et différents aspects de la vie quotidienne, où certaines coutumes et traditions rétrogrades perpétuent les discriminations à l’égard des femmes, où plus de 80 % des filles sont victimes des mutilations génitales, où la polygamie est légale, où les mariages forcés sont imposés aux jeunes filles, où en matière d’héritage, les femmes sont frappées du sceau de l’inégalité, où, dès le plus jeune âge, on apprend aux petites filles que leur destin est de souffrir, de se résigner, de se soumettre, de se marier, de faire des enfants et de faire honneur à la famille,

Moi, qui suis issue d’un pays où l’intégrisme islamique gagne du terrain avec comme corollaire la prolifération du port du voile, où les avancées législatives en matière de droits des femmes se heurtent aux pressions des autorités musulmanes, au nom de la paix sociale, de l’unité nationale, de la préservation des valeurs sociales et religieuses maliennes qui confinent les femmes dans des statuts de citoyennes de seconde zone,

Moi qui, comme tant de consœurs, ai eu la chance de m’épanouir et me réaliser en Belgique dans un espace de liberté que les femmes ont conquis par de longues et âpres luttes,

Accompagnement des femmes d’origine étrangère

Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale


Interpellation de Fatoumata SIDIBE à Bruno de LILLE, Ministre chargé de la Politique d’Egalité des Chances et à Benoît CEREXHE, Ministre en charge de l’Emploi  - 12 mars 2010 -
Concerne : l’accompagnement des femmes d’origine étrangère ou issues de l’immigration.  L'interpellation est disponible ici.

Le compte-rendu complet est disponible en cliquant ici

Depuis les  années nonante, on assiste à une féminisation croissante des migrations. Pour des raisons diverses (conflits armés, pressions intégristes, lois inégalitaires et sexistes, pauvreté, violences, …), les femmes migrent de manière indépendante.

Elles sont issues de la première et seconde génération d’arrivantes, primoarrivantes.
Elles sont jeunes ou plus âgées, de nationalité belge ou étrangère,  analphabètes ou universitaires, dans les centres fermés, émargent du CPAS, avec ou sans emploi,  étudiantes ou en formation, célibataires, mariées, veuves, divorcées, mères, chef de familles monoparentales. C’est la diversité qui  caractérise ces femmes.

L’application du principe d’égalité entre les hommes et les femmes dans les organismes publics de la COCOF

Interpellation jointe de Fatoumata SIDIBE à Benoît CEREXHE, Ministre chargé de la  Fonction Publique
Concerne: L’application du principe d’égalité entre les hommes et les femmes dans les organismes publics de la COCOF - 5 mars 2010. L'interpellation est disponible ici.

Le compte-rendu est disponible page 6 en cliquant ici

Je vois dans ce débat entamé, le signe de la vitalité de notre démocratie.

Ces dernières années, la question de l’immixtion du religieux dans l’espace public est revenue avec plus d’acuité.

Devons-nous accepter, dans les espaces publics, le port de signes convictionnels, en particulier ici du voile au nom de la tolérance, de l’ouverture, du multiculturalisme et de la liberté d’expression ? Ou au contraire devons-nous l’interdire  au nom de la neutralité,  du respect de l’égalité entre les hommes et les femmes, de l’émancipation ?

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